Mondial du Bâtiment : l’électricité se fait discrète, le confort prend la lumière
Des prises qui glissent sur un rail, des radiateurs qu’on prend pour des tableaux, des façades qui produisent du courant : on a fait de belles découvertes dans les allées du Mondial du Bâtiment qui s’est tenu il y a quelques jours à Paris. Leur point commun ? Des équipements mieux intégrés au logement, pensés pour le confort d’hiver comme d’été. Voici ce qui a retenu notre attention.
Un chauffage caché dans un tableau, une façade qui produit de l’énergie, une prise qu’on déplace sans ouvrir le mur. Cette année, le Mondial du Bâtiment réunissait sous la bannière Paris Builders Show Batimat, Idéobain, Interclima et le Forum Renodays. Notre sélection pioche dans ces quatre univers : électricité, décoration, enveloppe et qualité de l’air. Certains produits sont nominés aux Innovation Awards, d’autres nous ont simplement convaincus en démonstration lors de notre visite.
Le confort d’été entre dans les projets
Les climatiseurs étaient bien sûr partout. Après les canicules de cet été, la demande est très concrète : les gens veulent pouvoir dormir et vivre chez eux quand la chaleur s’installe.
Mais la discussion ne s’arrête pas au rafraîchissement. Fermer les volets avant que le soleil ne tape sur les vitrages, renouveler l’air au bon moment, faire travailler les équipements ensemble : l’électricien a son mot à dire sur tout ça. Autre tendance nette sur le salon, la technique se fait oublier, quand elle ne devient pas carrément décorative. En rénovation, on voit aussi beaucoup de solutions évolutives qui limitent les travaux. De quoi étoffer nos prescriptions.

GONEO : les prises prennent place sur un rail
Avec Power Track, GONEO remplace la rangée de prises fixes par un rail alimenté sur lequel on installe des modules repositionnables. On ajoute une prise, on la place où on veut, puis on la tourne pour l’alimenter ou la couper. Le branchement suit l’usage, et plus l’inverse.
Sur une crédence de cuisine, l’idée parle tout de suite : la cafetière et le petit électroménager ne restent jamais au même endroit. Même chose au-dessus d’un bureau ou d’un établi. Les prises bougent, l’ensemble reste ordonné. Il existe des références françaises, notamment en 500 et 1 000 mm, avec leurs adaptateurs. Avec sa finition soignée, le rail peut rester apparent.
Une version avec écran devrait sortir prochainement, affichant l’heure, la météo, et diverses informations. Enfin, une version minimaliste, venant s’encastrer dans le mur, arrivera également bientôt. Dans cette version le rail devient presque invisible, mais laisse la possibilité de déplacer les prises selon son bon vouloir.
Fulkorn : quand le radiateur devient un tableau
Fulkorn va très loin dans l’intégration du chauffage. Ses panneaux infrarouges peuvent être imprimés, et ressemblent alors à de vrais tableaux. Un paysage, une photo personnelle : le client fournit son fichier, reproduit par impression UV. Dans un séjour ou un bureau, le chauffage prend la place d’une œuvre accrochée au mur. C’est ce qui nous a arrêtés sur le stand. On voit l’image avant de penser au radiateur.
La jolie image ne dispense pas du dimensionnement, bien sûr. Un chauffage par rayonnement s’implante en fonction de la pièce, des déperditions et des zones où l’on se tient. Sur le salon, le représentant annonçait environ 750 euros TTC pour un panneau imprimé de 1 200 W, garanti dix ans.
Les miroirs chauffants nous ont plu aussi : deux équipements en un dans la salle de bains, avec un effet antibuée tant que la chauffe fonctionne. Fulkorn propose notamment des modèles de 350 et 500 W, annoncés IP65. L’emplacement se choisit selon les prescriptions d’installation de chaque modèle.
À ne pas oublier dans le devis : le thermostat. D’après notre interlocuteur, il est déporté et n’est pas fourni avec le radiateur présenté. La commande peut se faire en local ou à distance, selon la configuration. On chiffre donc le panneau et la régulation ensemble. Reste l’argument qui fera mouche chez le client : chauffer sans avoir un radiateur sous les yeux.

PHOMI : une façade qui produit de l’électricité
Côté visuel, PHOMI eSolarFaçade est sans doute ce qu’on a vu de plus étonnant. Ce système photovoltaïque intégré au bâtiment (BIPV) sert à la fois de revêtement de façade et de source d’électricité. Ses surfaces opaques et texturées reprennent l’aspect de la pierre, du béton ou de la céramique. Le solaire disparaît dans la façade, et des surfaces jusque-là inutilisées se mettent à produire.
Le dossier technique annonce environ 120 Wc/m². Dans la réalité, tout dépendra bien sûr de l’orientation, des ombrages et de l’implantation. Le système a du sens quand la façade offre des surfaces exploitables et que l’aspect architectural pèse dans la décision.
Un tel chantier se prépare avec les métiers de l’enveloppe. Parement, fixation, câblage, raccordement et accès pour la maintenance se pensent ensemble, dès le départ. PHOMI figurait parmi les nominés, et on comprend pourquoi : produire de l’énergie avec les matériaux visibles du bâtiment, l’idée séduit. À étudier au cas par cas, documents techniques du projet en main.
Somfy : le volet solaire au service du confort thermique
Le RS100 Solar io réunit moteur, panneau solaire et batterie, et il est compatible TaHoma. Pas de câble à tirer jusqu’au volet, ce qui simplifie bien des rénovations. Somfy annonce une durée de vie de quinze ans pour la batterie et une garantie de sept ans sur le kit.
La fonction Smart Comfort se sert du capteur d’ensoleillement du panneau pour piloter les volets via TaHoma. Fermer avant que la pièce ne surchauffe, c’est une automatisation dont le client comprend tout de suite l’intérêt. Avant de se lancer, Solar App sert à vérifier que l’installation est éligible.
Anjos et Aldes : ventiler selon les besoins réels
Chez Anjos, l’entrée d’air se loge dans la menuiserie ou le coffre de volet et module son ouverture selon le taux de CO₂. Le CO₂ traduit l’occupation de la pièce, et c’est un bon indicateur quand la climatisation assèche l’air et qu’une régulation seulement hygroréglable perd de son intérêt. Une fonction autoréglable limite aussi le débit par vent fort.
L’EasyHOME SensAIR d’Aldes ajuste les débits de ventilation aux polluants et aux besoins. Des capteurs déportés dans les pièces de vie signalent quand il faut renouveler l’air, l’extraction restant assurée dans les pièces humides. Le système surveille le CO₂, l’humidité, les composés organiques volatils (COV) et les particules. Pour la mise en service, on trouve un autodiagnostic, un mode réception RE2020 et l’application Aldes Set Up. Deux produits nominés, qui ont en commun de relier la mesure à l’action.
Bosch et Wiha : sécuriser le geste, simplifier le contrôle
Côté outillage, le Bosch EXPERT EXOP18V-40 a retenu notre attention avec sa fonction Stop Control. Une fois activée, elle détecte la fin de coupe et arrête l’outil oscillant, pour éviter d’abîmer ce qui se trouve derrière le matériau. En rénovation, quand on découpe avec des câbles ou des canalisations pas loin, on voit vite l’intérêt. Ça ne remplace pas le repérage, mais c’est une sécurité de plus.
Chez Wiha, la démonstration du MFT One associé à Sparkify montrait surtout un travail sans rupture. Le testeur enchaîne les mesures en séquence automatique, puis envoie les résultats au smartphone par NFC. Dans l’application, on rattache circuits, contrôles visuels et photos, on génère un rapport PDF et on fait signer le client. Moins de ressaisie au bureau, un dossier bouclé sur place : le gain est concret, pour l’artisan comme pour son client.

L’avis d’Électricien+
Deux ans entre deux éditions, c’est assez pour voir naître de nouvelles idées et mûrir certaines technologies. Ce Mondial du Bâtiment l’a bien montré : le confort d’été gagne du terrain, les équipements se fondent dans la déco et le solaire s’installe sur l’enveloppe du bâtiment. D’autres stands valaient aussi le détour, comme la toiture photovoltaïque antireflet de Roofit Solar ou encore les outils d’IA métier de La Bonne Réponse. Impossible de tout raconter en deux pages ! Ce qu’on aime dans ce salon, c’est de croiser dans les mêmes allées des innovations spectaculaires et des améliorations très concrètes. On en repart avec une idée plus nette de la direction que prend le bâtiment.
Plus d’articles à retrouver dans le numéro Smarthome Electricien+ d’octobre 2026 !


