IFA 2026 : de la maison connectée à la maison intelligente
Avec 240 000 visiteurs et plus de 2 000 exposants, l’IFA 2026 a battu de nouveaux records. Mais au-delà des chiffres et de l’avalanche habituelle de nouveautés, cette édition berlinoise a surtout révélé une évolution de fond : après avoir connecté les équipements de la maison, les fabricants veulent désormais leur permettre de comprendre leur environnement, de prendre des décisions et d’agir de façon autonome. Intelligence artificielle locale, gestion énergétique, sécurité et robotique dessinent une nouvelle génération de Smart Home, et replacent l’intégrateur au cœur du système.
Avec ses halls immenses et ses stands toujours plus spectaculaires, l’IFA reste un salon où il est facile de se perdre dans une succession de téléviseurs, d’aspirateurs, d’appareils électroménagers ou d’objets connectés. Pourtant, après plusieurs jours passés dans les allées berlinoises, un fil rouge se dégage clairement de cette édition 2026 : l’objet connecté isolé laisse progressivement sa place au système intelligent.
Les chiffres confirment d’abord la bonne santé du rendez-vous berlinois. L’IFA annonce 240 000 visiteurs venus de 155 pays et plus de 2 000 exposants, des résultats supérieurs à ceux de l’édition précédente. Intelligence artificielle et robotique étaient présentes dans presque toutes les zones du salon : électroménager, jardin, énergie, sécurité.
Cette évolution correspond d’ailleurs à la volonté affichée par les organisateurs. En ouverture du salon, Leif Lindner, CEO d’IFA Management, résumait la tendance par une formule simple : les consommateurs attendent désormais de la pertinence, et plus seulement des produits. Autrement dit, une innovation doit apporter quelque chose de tangible au quotidien.
De l’équipement connecté à l’écosystème
Le marché semble suffisamment mûr pour amorcer cette nouvelle étape. Selon les données NIQ publiées dans l’IFA Paper, 79 % des consommateurs britanniques possèdent désormais au moins un produit Smart Home et 41 % en utilisent plus de trois. En Allemagne, le marché de la maison connectée a atteint 10,7 milliards d’euros sur les six premiers mois de 2026, en progression de 8 %. Ces chiffres restent propres à ces marchés, mais ils illustrent bien le passage de l’expérimentation à l’équipement de plusieurs fonctions du logement.
Le robot aspirateur en est sans doute le meilleur exemple. Longtemps considéré comme un gadget, il aurait atteint 95 % de « maturité mass market » selon l’étude NIQ citée par l’IFA – et continue pourtant de progresser de 18 % en valeur au niveau mondial. La technologie s’efface derrière l’usage.
Cette logique gagne maintenant l’électroménager. Chez Miele, le nouveau lave-vaisselle G8 Diamond utilise une caméra pour analyser son chargement et adapter automatiquement le programme et la quantité de détergent. L’application peut même attendre que la machine soit suffisamment remplie avant de lancer un cycle. Siemens présentait de son côté un four iQ700 capable de reconnaître plus d’une centaine de plats, de proposer les réglages appropriés puis de mémoriser les habitudes de son utilisateur.
Pris séparément, ces exemples semblent anecdotiques. Mis bout à bout, ils marquent un vrai changement : on ne demande plus à l’utilisateur de programmer la machine, c’est la machine qui analyse la situation pour choisir elle-même la meilleure action.
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